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"Le don de soi est très enrichissant"

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Agriculteur à Masseube, Jean-Michel Aubian a été pompier volontaire durant quarante années. Un engagement de tous les instants qu’il souhaite à tous les jeunes.

Dans quelques semaines, pour la Sainte-Barbe, Jean-Michel recevra médaille et casque, un cadeau rare que le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) ne réserve qu’aux pompiers partis à la retraite et qui ont réalisé au moins quarante années de service. Une belle reconnaissance pour cet agriculteur qui dès l’âge de 17 ans rejoignait la caserne locale.

La vie de Jean-Michel Aubian débute sans surprise. Fils et petit-fils d’agriculteur à Masseube, sur une propriété où ses parents élevaient des vaches laitières, il choisit de poursuivre l’aventure. Un BEPA en poche, « je voulais faire des études courtes pour entrer le plus vite possible dans la vie active », commente-t-il, il devient aide familial. En 1986, il s’installe. « Nous avons créé un GAEC et coupé la propriété en deux. Mes parents poursuivaient l’élevage, du tabac brun et des céréales pour le bétail. » De son côté, Jean-Michel se lance dans les grandes cultures (colza semence, blé améliorant, maïs conso, maïs semence, soja alimentaire). Mais aussi une petite partie en bio avec  notamment du triticale. Il se lance également dans l’élevage de canards, hors sol, qu’il poursuivra jusqu’en 2019. L’élevage bovin, lui, disparaîtra de la propriété en 1995 à la retraite de ses parents. Désormais à la tête de 110 hectares de culture, Jean-Michel gère par ailleurs 35 hectares de la
propriété du lycée agricole de Masseube..  « On côtoie d’autres personnes, des jeunes, des plus âgés et surtout on apprend à secourir les autres. Quoi de plus beau ? » Cette activité, il l’a partagée durant quarante ans donc (il n’a posé le casque que depuis quelques mois) avec son engagement de sapeur-pompier volontaire. « Mon père était pompier à la caserne de Masseube. J’étais à peine âgé de 16 ans lorsqu’il m’annonçait qu’un de ses collègues prenait la retraite. Cela m’a donné envie de le remplacer… »
De ces quatre décennies en uniforme, Jean-Michel ne garde que des souvenirs enthousiastes. « Ce fut une expérience extraordinaire, glisse-t-il. On côtoie d’autres personnes, des jeunes, des plus âgés et surtout on apprend à secourir les autres. Quoi de plus beau ? » « Donner de soi est une chose essentielle, poursuit l’agriculteur-pompier. Bien sûr, concilier travail et engagement de secouriste demande une organisation. Surtout au début lorsqu’il faut se former. A mes débuts, j’y consacrais de nombreuses soirées et tous mes samedis. Je prenais un peu sur ma vie de famille, sur mes loisirs. Mais avec au bout l’immense satisfaction de porter secours. »
« Lorsqu’on rentre chez les pompiers, explique Jean-Michel, c’est que l’on est motivé. Les premiers échanges avec le chef de corps mettent en évidence la nécessité de donner de soi, mais aussi la compatibilité de l’engagement avec son boulot. Parce lorsque la sirène sonnait, il ne fallait pas se poser de question mais laisser ce que l’on était en train de faire et partir au plus vite. »
« Le respect des autres, le sens de l’engagement sont des valeurs qui ne peuvent que nous enrichir » Jean-Michel compare l’engagement volontaire chez les sapeurs-pompiers « à un virus que l’on attrape. Ensuite tu ne penses plus qu’à cela, aller secourir. D’ailleurs, lorsque tu décides d’entrer chez les pompiers tu sais que devras donner beaucoup de toi. Par ailleurs, j’ai eu la chance de présider l’amicale de notre caserne pendant dix-sept ans, ce fut une ouverture supplémentaire sur d’autres personnes, dans le cadre d’organisation de repas, de soirées, de sorties. »
Lorsque l’on demande à l’agriculteur-pompier s’il encouragerait les jeunes agriculteurs à se lancer eux aussi dans l’aventure des sapeurs volontaires, il n’hésite pas une seconde. « Bien sûr, il faut qu’ils s’investissent. C’est une occasion d’apprendre beaucoup de choses, de se former. Et prendre l’habitude de se former est très bénéfique dans notre vie professionnelle. La discipline enseignée par le corps des pompiers, le respect des autres, le sens de l’engagement sont des valeurs qui ne peuvent que nous enrichir. » Lui, en tous les cas, « conserve de très belles choses » de ces quarante années de volontariat. D’ailleurs, il n’a pas totalement rendu l’uniforme. Il demeure ASPR (ancien sapeur-pompier retraité). Un réserviste en quelque sorte « qui peut être appelé par le SDIS pour donner ponctuellement un coup de main. » Une façon, aussi, de garder le contact avec les copains de la caserne, « pour passer le relais aux jeunes, leur transmettre le savoir », sourit Jean-Michel qui dit avoir trouvé « un bel équilibre » dans sa vie professionnelle, dans sa mission volontaire, dans sa vie d’homme.