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Incendie d'un abattoir : front commun de la filière

Après l'incendie vraisemblablement d'origine criminelle ayant détruit une partie de l'abattoir Gesler dans l'Ain, l'ensemble des représentants de la filière et des syndicats ont appelé les pouvoirs publics à agir face aux attaques des associations antispécistes. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert dit « comprendre les craintes » et promet « une vigilance accrue » alors que s'ouvrait le 3 octobre le Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand.


« Offensives sectaires qui ne peuvent aboutir qu'à une guerre civile » pour les interprofessions bovines (Interbev) et porcines (Inaporc), « comportements extrémistes injustifiables » pour la Fédération nationale bovine (FNB), « un pas supplémentaire » dans « la stigmatisation des éleveurs » pour l'ensemble des syndicats agricoles dans une lettre commune.

Les réactions du monde agricole furent nombreuses et unanimes après l'incendie vraisemblablement d'origine criminelle ayant détruit dans la nuit de jeudi à vendredi 28 septembre la moitié des 4 000 m² de l'abattoir des établissements Gesler situé à Hotonnes (Ain), ainsi que plusieurs véhicules.

À la suite du sinistre, l'abattoir, qui emploie 80 salariés, devrait être hors d'usage pour les huit mois à venir.

« Faire cesser cette violence inacceptable »
Un incendie intervenu alors que l'association 269 Libération animale avait appelé le mercredi précédant le sinistre à « une Nuit debout devant les abattoirs ». Dans un contexte de violences répétées contre les bouchers et les commerces de viandes, il ne fait ainsi aucun doute pour les représentants de la filière et les syndicats que les antispécistes sont en cause. « Les appels répétés, depuis des semaines, à faire brûler les abattoirs » des « associations extrémistes anti-viande et antispécistes » « ne pouvaient conduire qu'aux conséquences dramatiques de cette nuit », estime ainsi la FNB dans son communiqué. « Quel est ce pays, où une poignée d'individus aux pratiques sectaires terrorisent impunément les centaines de milliers de professionnels de nos filières et choquent les Français ? », s'étonnent Interbev et Inaporc. « Nos professionnels, envahis par  un profond sentiment d'injustice et d'insécurité, doivent-ils prendre les armes pour défendre leurs entreprises, leurs métiers et leurs personnes ? », menacent-ils.
Tous demandent une action rapide de l'État pour faire cesser les actes de violences. « Nous n'acceptons ni les insultes [...] ni les agressions contre les acteurs de nos filières », insistent ainsi les syndicats agricoles. « Nous demandons ensemble le respect de nos métiers et demandons aux pouvoirs publics de faire cesser cette violence inacceptable », ajoutentils. Idem pour la FNB qui demande aux pouvoirs publics « de prendre toutes les mesures » pour que les opérateurs de la filière « puissent exercer leur métier dans un climat serein », ou pour Interbev et Inaporc qui en appellent au président de la République pour « enrayer immédiatement ces offensives sectaires ».
La section viande de la CR a pour sa part demandé la dissolution de l'association Boucherie Abolition dont le président avait appelé à « poursuivre la guerre » contre les bouchers, « ainsi que tout groupement antispéciste qui appellerait à la violence ».

« Une vigilance accrue » pour les abattoirs et commerce de viandes.
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert leur a répondu le 1er octobre, interrogé dans le cadre de l'émission « Audition Publique » sur LCP et Public Sénat en promettant « une vigilance accrue ». « Avec le ministère de l'Intérieur, des protections sont assurées, renforcées, une vigilance accrue est portée sur l'ensemble des commerces [...] là où il y a eu des dégradations, là où il y a eu des alertes, les services sont en éveil », a ainsi indiqué le ministre, alors que s'ouvre le 3 octobre le Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand.
« Je comprends la crainte qu'ils peuvent avoir », a-t-il également indiqué à l'attention des acteurs de la filière estimant que « rien n'autorise les amalgames faits par ceux qui prétendent défendre la cause animale ».
« C'est un débat de société, mais ce débat peut être mené de manière apaisée, pas de la manière dont ils veulent le porter à travers des actes de  violences », a-t-il également constaté, jugeant que  « beaucoup de progrès » avaient déjà été effectués sur les questions de bien-être animal.
Le ministre n'a pas été la seule personnalité politique à réagir. Le même jour, Laurent Wauquiez visitait le site de l'incendie. Le président de la Région Auvergne- Rhône-Alpes a notamment annoncé à cette occasion une aide d'urgence de 200 000 EUR « pour permettre les premiers travaux de reconstruction » de l'abattoir Gesler.
Le président des Républicains, qui a qualifié l'incendie « d'indigne et lâche », y a également proposé « des dispositifs régionaux pour l'obtention de prêts avantageux » ainsi que « des mesures d'accompagnement pour les salariés au chômage technique, ainsi que pour les exploitations indirectement impactées ».

Front commun pour le respect des éleveuses et des éleveurs.
Les tentatives de culpabilisation des consonnnateurs et de stigmatisation des éleveurs s'intensifient et un pas supplémentaire a été franchi la nuit dernière.
Un abattoir de l'Ain a en effet été victime d’un incendie manifestement criminel, occasionnant des dégâts majeurs. Fort heureusement, aucun blessé n'est à déplorer et les animaux présents sur le site ont pu être évacués à temps. Cet événement intervient dans un contexte de mobilisation très violent de certaines associations vegan contre les bouchers et les abattoirs, où les mots utilisés atteignent l'indécence et l'injure quand ils font référence au drame de l'holocauste.
Alors qu'ils font déjà face à une situation économique fragile, les éleveurs n'en peuvent plus de ces attaques répétées contre leur métier. Nous rappelons que nous ne dénonçons pas le véganisme en tant que tel : chacun est libre de choisir le régime alimentaire qu'il souhaite pour lui-même. Mais le prosélytisme qui est orchestré autour n'est pas acceptable. La majorité des Français mangent de la viande, l’apprécient et entendent continuer à le faire. Les éleveurs travaillent au quotidien avec leurs animaux, et les respectent en appliquant scrupuleusement les normes européennes et françaises. Des abus existent dans certains abattoirs et nous les dénonçons. Mais ces abus ne représentent pas l'ensemble des situations ni l'ensemble de la production. Les associations qui prônent l'arrêt complet de l'élevage se trompent de combat. L'élevage participe au dynamisme économique et culturel des territoires, façonne nos paysages, ne l'oublions pas ! Son bilan environnemental est positif avec la valorisation des 13 millions d'hectares de prairies, joyaux de biodiversité et puits de carbones irremplaçables. C'est la diversité de notre agriculture qui fait sa richesse et sa renonnnée et qui doit continuer à se retrouver dans nos assiettes. Les protéines animales ont toute leur place dans notre équilibre alimentaire d'onmivore, comme l'affrrment de très nombreux médecins et nutritionnistes.
Pour toutes ces raisons, nous n'acceptons ni les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs, ni les agressions contre les acteurs de nos filières. D'autant qu'elles sont menées par une minorité de provocateurs qui recherchent et obtiennent un écho médiatique démesuré et causent un tort réel aux Hommes et aux filières. Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers et demandons aux pouvoirs publics de faire cesser  cette violence inacceptable.

(Communiqué de la Confédération Paysanne, Coordination Rurale, Fnsea, Jeunes Agriculteurs, Modef)