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Gascon'idéos , un projet pour 'avenir viticole du Sud-Ouest

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Le projet Gascon’idéos, qui devrait conduire à des variétés résistantes proches de nos cépages emblématiques, s’enracine dans le vignoble Gascon.

L’actualité viticole est indéniablement tournée vers la réduction des intrants phytosanitaires : un des leviers prometteurs est le développement des surfaces en variétés résistantes au mildiou  et à l’oïdium. Celui-ci fait même l’actualité du Ministre de l’agriculture qui a dédié une journée de février à la visite du site de l’INRAE de Colmar avec un focus sur le programme RESDUR. Un projet ambitieux et fédérateur pour les acteurs locaux Si l’origine de la création variétale viticole remonte au XIX siècle (avec le célèbre et local Baco par exemple), elle s’est intensifiée au cours des 20 dernières années. Aujourd’hui l’enjeu est de réaliser des croisements dirigés dans le but de créer une nouvelle variété combinant les caractéristiques appréciées de nos traditionnels Vitis vinifera avec les capacités de résistance d’autres Vitis ou Muscadinia. Si dans toutes les régions viticoles de France des projets utilisant des variétés locales émergent (33 programmes, dans 10 bassins viticoles), dans le vignoble Gascon, le choix s’est tourné vers les 3 « idéaux » organoleptiques, qui marquent la typicité de nos vins : le colombard, le gros manseng, le tannat. Ce projet fédère 7 filières - Côtes de Gascogne, Saint Mont, Madiran et Pacherenc, Tursan, Irouléguy, Floc et Armagnac - qui partent collectivement autour de l’UARVG (Union des Associations pour la Restructuration du Vignoble Gersois) pour 15 années de R&D (Recherche et Développement), avec l’appui financier de la Région Occitanie pour les 3 premières, et l’appui scientifique de l’IFV et l’INRAE pour la conduite du projet. 

La génétique comme outil, la main et l’oeil des techniciens incontournables Les croisements sont réalisés en plusieurs étapes : récupération du pollen sur les fleurs (de la variété résistante), puis castration des fleurs du cépage local et pollination à l’aide d’un pinceau avec le pollen préalablement séché et tamisé. Cette opération minutieuse  t délicate a pu, pour le programme Gascon’idéos, produire dans un premier temps environ 2000 pépins pour chaque cépage qui ensuite ont été mis à germer sous serre. Les nouveaux plants ont fait l’objet d’un test génétique pour savoir quels étaient les individus possédant les capacités de résistance. Ainsi on a pu aboutir à une soixantaine d’individus différents pour chaque variété visée (Colombard, Gros Manseng, Tannat). Tout l’enjeu de ces croisements est d’obtenir une résistance durable, c’est-à-dire qui « reste efficace dans une variété cultivée sur de grandes surfaces, pendant une longue période et dans des conditions favorables au développement de la maladie » (définition INRAE)

. Pour cela, la stratégie la plus efficace est de combiner plusieurs facteurs de résistance dans une même variété. Sur le projet Gascon’idéos, ce sont 157 individus qui ont ainsi été obtenus depuis 2018. Implantés au Domaine de Mons de la Chambre d’agriculture du Gers en 2020 et 2021, ils passeront les épreuves d’évaluation et de sélection au cours des prochaines années. Les plus prometteurs, à horizon 2026-2027, seront à nouveau implantés sur 2 sites de terroirs  distincts pour étudier leur VATE (Valeur Agronomique Technologique et Environnementale) sur au moins 3 millésimes : rendement, maturité, adaptation au terroir, résistance au bio-agresseurs et maladies, et bien sûr qualités organoleptiques des vins. Les regards croisés des techniciens des 7 filières citées partenaires du projet devraient permettre d’avoir une évaluation adaptée aux attentes pour ces différents produits.