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Le capital sol

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Comment entretenir ou améliorer son capital sol sur son exploitation ?

La fatigue des sols touche de nombreuses exploitations. Les accidents culturaux liés à des problématiques de fertilité, de virus, de champignons pathogènes, de nématodes sont fréquents. La présence de certaines adventices oblige à revoir les rotations et engendre des surcoûts importants.

S’intéresser à la préservation de son capital sol est stratégique.

Le sol est un écosystème complexe dont le potentiel agronomique est très variable. Chaque agriculteur cherche avec sa technicité et les pratiques qu’il met en œuvre à valoriser au mieux ce potentiel.

Les stratégies développées peuvent être multiples : simplification du travail du sol qui peut aller jusqu’au semis direct, mise en place de couverts végétaux, restitution de matières organiques au champ (pailles, fumiers), mise en place d’une rotation diversifiée, etc…

L’équipe du pôle agronomie-productions végétales met en place de nombreux essais sur ces thématiques et peut vous accompagner dans cette réflexion au travers des prestations de conseils, des formations ou encore des journées techniques.

Comment réussir son couvert d'interculture?

Quelques clefs de base permettent de bien choisir son couvert d’interculture, en fonction du ou des objectifs que nous souhaitons lui donner : piéger les nitrates au moment où ils sont les plus sensibles à la lixiviation ; améliorer la fertilité des sols, limiter l’érosion ; avoir une action prophylactique sur les maladies et/ou les adventices ; valoriser le couvert en fourrage (ou autre valorisation comme pour les Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique) ; ou tout simplement entretenir la biodiversité.

Couvert de féveroles (Source : Chambre d'agriculture du Gers)

  • Le choix des espèces en relation avec la rotation et la culture suivante

Le choix de l’espèce (ou des espèces) à implanter doit avant tout être raisonné en fonction de l’objectif que nous souhaitons lui donner et du coût que le couvert implique. En fonction de la culture suivante, les instituts techniques ont déterminé une clef d’appréciation du risque au regard des maladies ou ravageurs que pourraient transmettre le couvert.  D’une manière générale, le choix d’un couvert de la même famille que la culture qui va suivre est à éviter dans la mesure où il favorise les risques de maladies ou parasitaires.

Par exemple, en interculture  courte, le semis d’une avoine avant un blé est déconseillé.

Les cultures présentes dans la rotation doivent également être prises en compte afin d’éviter d’augmenter le risque à moyen terme : avant un maïs dans une rotation où un pois est présent, il est déconseillé de choisir un couvert sensible à l’aphanomyces (couvert contenant pois, lentille ou luzerne par exemple) ; avant un maïs dans une rotation avec retour fréquent de colza, il faudra éviter d’implanter des crucifères (couvert de moutarde, radis…) qui peuvent augmenter le risque d'hernie sur le colza à venir. 

Les mélanges de plusieurs espèces de couvert sécurisent la réussite, notamment les associations avec légumineuses dans les sols avec une faible fourniture d’azote, où ils permettront d’obtenir une biomasse supérieure à celle d’un couvert de non-légumineuses.

Quelques éléments à prendre en compte pour le choix du couvert

(Source : Arvalis institut du végétal, Terres Inovia, UNILET, ITB)

 

  • La date de semis et la durée de vie du couvert

Afin de favoriser les bénéfices des couverts, leur durée de vie doit être suffisante. Dans le cas des Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates (CIPAN), la culture doit être implantée suffisamment tôt pour jouer pleinement son rôle. Pour une interculture longue, un semis fin août-début septembre permet au couvert d’être correctement installé de manière à limiter le stock d’azote du sol au moment où il risque d’être lixivié. Pour certaines espèces le semis peut même être réalisé plus précocément. Les implantations ultérieures à début septembre ne permettent pas, en fréquence, d’obtenir des couverts suffisamment développés avant la fin de l’automne. Néanmoins, si l’objectif est de détruire le couvert en sortie d’hiver ou au printemps, un semis de septembre avec des espèces adaptées est possible (espèces d’hiver comme le seigle forestier, la féverole d’hiver, …) .

Les espèces de couverts et les dates de semis potentielles

(Source : Arvalis institut du végétal)

D’une manière générale, il est indispensable de prendre en compte le type de sol et l’espèce de couvert pour en raisonner la gestion : les risques de manque d’eau à l’implantation peuvent être réels et la montée à graine des couverts, rapide. La durée de vie d’un couvert doit donc être suffisamment longue, mais il est aussi vivement conseillé de le détruire au moins 2 mois avant l'implantation de la culture suivante pour ne pas lui nuire. Trouver le bon compromis entre la durée nécessaire de développement du couvert (pour qu’il joue pleinement son rôle) et l’évitement d’un effet dépressif sur la culture suivante est donc nécessaire. 

Le cas des sols argileux

Ces sols doivent, de préférence, être travaillés en automne/hiver pour pouvoir se restructurer sous l’effet des alternances pluies/sec. Selon les sols et la technique de travail du sol pratiquée (labour /non labour), la technique d’implantation du couvert peut être mise en œuvre de différentes manières :

- Semis du couvert en fin d’été, destruction à partir de la mi-novembre, préparation du sol en hiver. Les essais d’Arvalis  montrent que l’effet CIPAN fonctionne même si la destruction est précoce : l’azote piégé par le couvert est certes minéralisé précocement, mais sa localisation dans l’horizon de surface réduit sa lixiviation par rapport au sol nu (Magneraud 1990 - 1996).

- Travail du sol en fin d’été puis implantation du couvert.Ces techniques ont été longuement étudiées par la Chambre d’agriculture du Gers en partenariat avec Arvalis. Un travail du sol profond peut être effectué avant l’implantation du couvert. Une reprise superficielle est effectuée au printemps pour ne pas recréer des grosses mottes. Il a été montré que le tournesol n’est pas impacté pour l’implantation de son pivot et que la présence du couvert végétal durant l’automne maintient la structure créée au moment du travail du sol.

  • Le mode de destruction

On considère, pour la plupart des espèces, qu’un couvert bien développé est plus facile à détruire qu’un petit couvert. Les couverts peuvent être détruits suivant différentes méthodes : méthode chimique, gel, roulage, broyage, enfouissement par le labour... En fonction du matériel dont dispose l’agriculteur et de la méthode qu’il souhaite employer pour détruire son couvert, le choix de l’espèce à implanter peut varier. Ces différentes méthodes présentent toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Dans le Sud-Ouest, les hivers sont en général trop doux pour que les couverts gélifs se détruisent naturellement.

 

Texte rédigé en collaboration avec Arvalis institut du végétal

 

 

 

 

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Tel : 05 62 61 77 13
Email : ca32_stechnique@remove-this.gers.chambagri.fr

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