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Témoignage : "je savais que je reviendrai"

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Après un parcours dans l’univers du pétrole, Julien Soulé est revenu sur la propriété familiale d’Esclassan Labastide. Comme une évidence pour ce jeune gersois.

Dans le style : je croque la vie à pleine dents, Julien Soulé est incontestablement un modèle. Le jeune trentenaire vient de s’installer (en janvier dernier) sur la propriété familiale, en GAEC, avec son père. Une finalité ? N’en croyez rien. Plutôt une nouvelle étape dans la vie de ce jeune qui poursuit son chemin avec beaucoup d’enthousiasme.
« Je suis un Gersois né à Auch, s’amuse-t-il. D’un papa né au Maroc et installé dans le Gers avec ses parents, et d’une maman originaire de Mauléon-Magnoac (65) qui
surtout ne voulait pas entendre parler d’agriculture dans laquelle elle baignait depuis sa tendre enfance. Mais elle a rencontré mon père et ils se sont installés à Esclassan Labastide. » Julien, lui, a grandi sur la ferme parentale. « J’ai toujours aidé mes parents », glisse-t-il. Pas étonnant qu’il passe un Bac pro-agriculture à Beaulieu-Lavacant, avant de rejoindre Saint-Christophe, à Masseube, pour y obtenir un BTS gestion et protection de la nature. « Je m’y plaisais tellement, sourit Julien, que le BTS de deux ans je l’ai fait en trois années… »

Et le gamin ne s’arrête pas en si bon chemin. Direction Clermont-Ferrand pour une licence pro en alternance en QSE (qualité sécurité environnement). L’alternance, il la réalise dans une entreprise pétrolière qui, son diplôme en poche, lui signe un contrat. Début de sept années en tant que technicien fluide qui le conduiront partout en France et deux années sur des plateformes pétrolières au Congo, à gérer, notamment, le traitement des boues sales. « C’est sûr que j’étais loin de la formation enseignée à Masseube, ce qui amusait beaucoup mes anciens profs chaque fois qu’on se croisait. » Lorsque Julien n’est pas au Congo, il seconde son père Mais une expérience extraordinaire, tant professionnelle qu’humaine qui a marqué Julien. Seule ombre au tableau, les départs de l’aéroport de Toulouse, « lorsque je laissais ma compagne Marion pour six mois… ». Dans le même temps, des parents qui se séparent, un ouvrier agricole depuis trente ans sur la propriété qui part à la retraite, et un papa qui vieillit… Lorsque Julien n’est pas au Congo, il seconde son père. Et prend sa décision. Il va revenir sur la ferme familiale. « Je savais que je reviendrai, reconnait Julien. C’était écrit. »

En janvier dernier, il s’installe donc avec son père. Sur leurs 140 hectares sur deux sites, dont 60 en fermage depuis des dizaines d’années. « Ce fermage, je ne pouvais pas me résoudre à ce que mon père le laisse. Les propriétaires de ses terres font partie de la famille. Je les considère comme des grands-parents. » Julien côté coeur. Le voilà donc installé sur cette propriété traditionnelle composée de 138 têtes de bovins (dont 65 mères), des Blondes d’Aquitaine et des Mirandaises. Mais aussi 60
brebis tarasconnaises. Une exploitation en grande partie en autonomie (à 100 % pour les brebis, à 70 % pour les vaches). « Nous ne sommes pas encore totalement  autosuffisant mais on essaie d’y tendre », précise Julien. Julien ne cache pas son plaisir depuis son retour sur la propriété. « J’ai eu la chance de voyager, de m’ouvrir au monde. C’est un plus incroyable dans une vie. Désormais je suis heureux de mon travail même s’il s’avère encore plus dur que ce que j’avais imaginé. Notamment en période de fenaison. » « Faire avec la race mirandaise ce que le porc noir a réussi » Mais être « à la maison », n’a pas de prix aux yeux du jeune agriculteur. « Vous voyez, il y a quelques jours j’ai pu participer au mariage d’un ami. Cela a l’air tout bête, mais j’ai tellement manqué de fêtes et de rendez-vous familiaux lorsque j’étais au Congo. » Une nouvelle vie, sur son territoire, avec sa famille et ses amis qui enchante Julien. Et Marion ! Sa compagne est professeur d’aménagement du territoire au lycée Saint-Christophe… Un autre clin d’oeil de la vie, sans aucun doute. Mais n’allez pas croire que la nouvelle vie de Julien se résume au boulot, copains, famille. Legarçon est très investi dans son univers professionnel. Et tout particulièrement dans la mise en valeur de la race mirandaise. « Je passe beaucoup de temps à visiter des papis qui ont encore
quelques têtes, j’échange avec les bouchers de la région. » Son ambition ? « Faire avec la race mirandaise ce que le porc noira réussi. » Un beau challenge. Son ouverture sur les autres se traduit aussi par des cours au lycée de Mirande « une expérience qui m’a beaucoup plu », ou encore l’accueil sur sa ferme d’étudiants du lycée de Masseube, des « BTS » venus restaurer une mare et étudier les aspects faunistiques et floristiques. Comme un passage de relais entre un « jeune ancien » et la nouvelle génération.
Un parcours de vie pour le moins passionnant.