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Semis tardifs de blé, trois conseils à garder en tête

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Les campagnes se suivent et ne se ressemblent pas. Alors qu’il n’y avait pas eu de difficultés sur les semis d’automne depuis 2013, cette année les épisodes pluvieux ont fortement retardé voire empêché de terminer les chantiers de semis de céréales dans le Gers.

Des semis tardifs effectués en conditions limites de ressuyage du sol peuvent entrainer des levées hétérogènes et des manques à la levée (mauvais placement de la graine, lissage au passage d’outils, mauvaises levées au passage des traces de roue, empâtement des outils…). Dans ces cas-là, mieux vaut retarder la date de semis que de semer en conditions peu favorables.

Comment passer l’hiver ?

La principale conséquence du décalage de la date de semis est son impact sur la vitesse de levée (des températures très froides peuvent aussi entrainer la mort par gel de jeunes plantules sensibles), mais aussi sur la dynamique de tallage, qui sera moindre. Le nombre d’épi/m² devant toutefois être maintenu pour assurer un rendement correct, il est possible de compenser partiellement cet impact par l’ajustement de la densité de semis.

Après le 20 décembre comptez entre 330 grains/m² en sol profond à 370 grains/m² en sols plus superficiels (respectivement 350 et 390 grains/m² pour le blé dur), à moduler en fonction de l’exposition de la parcelle et de la qualité de semis.

Autres conséquences possibles de ces semis tardifs, l’augmentation du risque d’échaudage et de déficit hydrique lors du remplissage en fin de cycle, notamment avec les variétés de blé tendre un peu plus tardives à l’épiaison (Apache, Descartes voire Pilier ou Nemo).

Cependant pas d’inquiétude, les principales variétés de blé cultivées dans le Gers peuvent tout à fait s’adapter aux conditions de cette année car la plupart ont des besoins de vernalisation (exprimé par la note d’alternativité de la variété) encore compatibles avec des semis jusque fin décembre, avec toutefois des pertes de rendement dues aux conséquences citées plus haut.

Dans le cas de parcelles semées mais dont les plantes germées n’ont pas atteint le stade 3 feuilles, un excès d’eau (visible surtout en boulbènes ou ronds argileux non-drainés) prolongé peut entrainer une croissance ralentie et aboutir dans les cas les plus extrêmes à la mort de la plante par asphyxie racinaire.

Flore adventice et désherbage

Le désherbage des parcelles devra également être revu, soit parce qu’un passage d’automne n’a pas été possible, soit à cause d’une efficacité réduite des désherbages réalisés suite aux conditions très pluvieuses (lixiviation).
Il faut toutefois relativiser dans le cas des semis tardifs, car la plupart des adventices d’automne ont déjà levé et devront être gérées avant le semis si les conditions le permettent, en veillant toutefois aux conditions climatiques et de placement de graine pouvant entrainer des problèmes de phytotoxicité (éviter les grains en surface).


Ajustement de la fertilisation à prévoir

Enfin, la stratégie de fertilisation azotée devra prendre en compte un potentiel de rendement possiblement moindre, le niveau de reliquat azoté suite à la saison pluvieuse et l’état des plantes en sortie d’hiver (la qualité d’enracinement jouant notamment sur l’efficacité d’utilisation des apports par la plante).

Pour prévoir sa fertilisation au plus juste et optimiser ses apports, les nouvelles technologies sont d’une aide précieuse et vous permettent de visualiser vos parcelles d’un seul coup d’œil !


Mes Sat’Images (anciennement MesDron’Images) est un service proposé par la Chambre d’Agriculture du Gers. Il vous permet d’accéder à des cartes sur l’état nutritionnel azoté de vos cultures (colza/blé) grâce aux images satellites et fournit des préconisations d’apports pour atteindre vos objectifs de rendement et qualité pour exprimer tout le potentiel de vos parcelles !