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Pulvérisateur : pas de place à la non conformité

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TRACTEUR PULVERISATEUR MATERIEL

Depuis le 1er janvier 2021, le contrôle technique obligatoire des pulvérisateurs ne reste valable que 3 ans au lieu de 5

initialement. Cependant, l’acquéreur d’un appareil neuf a 5 ans pour réaliser le premier contrôle. Mais la France doit aussi

se mettre en conformité avec la directive européenne 2009/128/CE. Celle-ci mentionne dans son article 8 : « (…) seul le matériel d’application ayant passé l’inspection avec succès peut être destiné à un usage professionnel ».

Allant plus loin, le Ministère a prévu plus de sévérité à travers un nouveau décret publié au Journal Officiel du 25 septembre. Il indique : « Le pulvérisateur ne doit pas être utilisé jusqu’à la constatation de sa mise en conformité par l’organisme d’inspection ».
Après un contrôle non satisfaisant, c’est-à-dire assorti d’une contre-visite, le propriétaire disposera de 4 mois pour agir. Le texte précise : « (…) l’utilisateur est tenu de rapporter, dans un délai de quatre mois à compter de ce constat, la preuve que le matériel a fait l’objet d’un rapport de contrôle à l’issue duquel a été établi un rapport attestant de son bon fonctionnement ».
A l’expiration de ce délai, l’agriculteur qui n’aura pas fait de réparations pourra perdre son Certiphyto. Et cela durant un maximum de 6 mois. Contrôle technique obligatoire des pulvérisateurs : une contre-visite dans plus de 17 % des cas Le service des contrôles de pulvérisateurs donne une idée de la part des matériels concernés. En 2020, sur 36.000 inspections contrôles complets, 17,4 % se sont conclus par une « nécessité d’une contre-visite ». Par ailleurs, 0,4 % ont engendré une « nécessité d’un contrôle complet » et un peu plus de 62 % des contre-visites ont pu se dérouler dans la même journée que le contrôle complet, avec le verdict « pulvérisateur en bon état ». Il fallait juste changer des buses, un manomètre ou réparer une fuite. Ce qui laisse environ 11 % des contrôles qui demandent un peu plus de travail de remise en état et se traduiraient donc par une  immobilisation. Pour pallier le désagrément de la contre-visite, 5 points clés pour bien préparer son pulvé au contrôle. Avant le contrôle proprement dit qui comporte plus de 200 points de vérification, l’inspection préliminaire est décisive. Elle comporte plusieurs étapes qui devront être passées avec succès. Faute de quoi, retour à la case départ.
Lorsqu’un défaut constaté ne permet pas le bon déroulement de la suite des opérations ou peut mettre en danger l’inspecteur, le contrôle peut être interrompu. Il sera bien entendu facturé et le propriétaire devra représenter l’appareil dans un délai de 4 mois. Cette étape préliminaire est donc importante.

Réussir son contrôle pulvé : les points clés

• En premier lieu, le propriétaire ou la personne utilisant régulièrement le pulvérisateur doit être présente. Il devra être capable de manipuler correctement le boitier de commande, assister à l’intégralité du contrôle et être présent pour la remise du rapport. Généralement les inspecteurs passent du temps à expliquer les différents points contrôlés ainsi que les défauts constatés. En plus du contrôle proprement dit, il y a aussi une partie pédagogique. Il n’est pas rare par exemple que l’inspecteur passe aussi du temps avec l’agriculteur pour une meilleure maîtrise du boitier. En effet, on constate parfois que les mises en route des appareils de plus en plus sophistiqués restent très primaires.

• Le pulvérisateur doit être en état de fonctionner. Des problèmes peuvent survenir, surtout en sortie d’hivernage quand l’appareil n’a pas été remis en route avant le contrôle, des fils de connexion du boîtier peuvent, par exemple, être abîmés par des rongeurs. Impossible dans ce cas de procéder à l’inspection. Prêt à fonctionner c’est aussi la présence de 500l d’eau claire dans la cuve afin de pouvoir accomplir les différents tests de débit des buses ainsi que la détection de fuites. De l’eau claire permet en général de donner une indication sur la propreté de l’intérieur de la cuve. Les vérifications portent
aussi sur l’apparence extérieure. Un matériel couvert de traces de produit risque le recalage. Un bon coup de jet régulièrement après une journée
de travail permet de faciliter le nettoyage pour le jour de l’inspection.

• Gare à la fuite ! Des fuites peuvent être détectées à plusieurs niveaux. Sur la cuve, les canalisations de liaison, la pompe, les filtres, les conduites, l’incorporateur…La classification se fait sur 2 types de fuites. Les fuites mineures qui ne doivent pas être supérieures à plus d’une goutte toutes les 5 secondes. Les fuites majeures avec plus d’une goutte toutes les 5 secondes. Avec une fuite majeure le contrôle peut être suspendu.
Dommage de rentrer à la maison pour simplement un joint de filtre à moins d’un euro qui aura été pincé lors du remontage.

• Attention aux organes de sécurité. La bête noire des matériels fonctionnant avec la prise de force : le protège cardan. C’est un organe de sécurité majeur. Tout le monde le sait mais il est parfois oublié. Son bon état sera indispensable pour continuer le contrôle. Les bols de protection côté tracteur et pulvérisateur devront être présents et en bon état. Idem pour la protection de l’arbre qui doit être entière. Son immobilisation en fonctionnement doit être effective et les chainettes bien en place. Une attention à porter aussi sur la partie hydraulique. Il ne doit pas y avoir d’usures ou de pliures excessives des flexibles. Ces dernières sont souvent dues à un manque au niveau des attaches ce qui peut occasionner des frottements contre des parties de la machine. Le gainage en caoutchouc est alors absent et ne protège plus la partie interne métallique.

• Des fixations en état. Même s’ils sont normalement bien protégés, les produits appliqués peuvent être corrosif. Cela peut mettre à mal l’intégrité du pulvérisateur en entrainant des défauts sur les fixations. Durant les vérifications préliminaires, les fixations de la cuve, de la pompe ou d’autres éléments au châssis seront aussi passés à la loupe. Il ne doit pas y avoir de dispositifs manquants ou incomplets. Il en va de même Pour les fixations des supports de rampe. La bonne tenue de cette dernière lors du transport sera aussi évaluée. Vous l’aurez compris, on s’éloigne d’une notion de contrôle pédagogique, pour aller vers plus de répressif.
La position des contrôleurs vis-à-vis des agriculteurs va devenir plus inconfortable. De leur côté, les propriétaires de pulvérisateurs vont devoir mieux surveiller leur matériel et réaliser un check-up avant le contrôle. En effet, certains défauts se détectent facilement.