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Miser sur l'innovation pour développer mon projet d'installation

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Portrait de Laureline Boinais-Bourgoin, installée à L’Isle de Noé en horticulture biologique

« Je me suis installée début 2020 en horticulture certifiée agriculture biologique, je produits des plants de légumes, aromates et fleurs. J’ai racheté à un cédant tiers une partie de son exploitation à L’Isle de Noé comprenant 1,2 ha dont 2000 m² de serres. »

Des expériences professionnelles qui ont fait émerger un projet d’installation Non issue du milieu agricole, j’ai d’abord passé un Bac agricole au lycée de Beaulieu car il y avait une spécialité agronomie et environnement. J’ai poursuivi mes études avec une Licence en gestion de l’environnement et un Master en ingénierie de l’écologie. J’ai par la suite travaillé au sein d’une entreprise d’insertion et de recyclage quelques années. J’ai ensuite participé à la création de Terra Alter, une plateforme de collecte, transformation et commercialisation de fruits et légumes bio et locaux qui a pour objectif de faire le lien entre producteurs et restauration collective/ distributeur. C’est dans ce cadre que j’ai été en relation étroite avec de nombreux maraîchers. Et c’est dans mes échanges avec eux que j’ai pris conscience de la difficulté pour des maraîchers de s’approvisionner en plants bio sur des quantités moyennes ou des variétés particulières. Et un jour par hasard, en allant dans une jardinerie à côté de chez moi pour mes achats personnels, la conversation avec le patron a dévié sur son prochain départ à la retraite et, me sachant en contact avec des producteurs, il m’a demandé de lui trouver un repreneur. Le repreneur, cela a été moi !
La construction du projet avec la Chambre d’agriculture du Gers Ensuite, les délais ont été assez serrés pour pouvoir se combiner avec le calendrier du départ en retraite. Mais, j’ai pris le temps de faire un stage technique chez des horticulteurs en bio. Il y a quelques maraîchers bio qui produisent des plants en activité secondaire mais des horticulteurs bio à part entière, ce n’est pas courant.
Je suis donc allée en Ariège et cela a été indispensable pour moi de voir la mise en place technique de ce type de production. J’ai également réalisé une étude de marché auprès du réseau de maraîchers que je connaissais et qui avaient besoin de plants mais également auprès de particuliers puisque je reprenais une affaire en place qui avait ce type de clientèle.
Sur la partie chiffrage et dépôt de dossier d’installation JA, j’ai été accompagnée par la Chambre d’agriculture et cela m’a paru indispensable pour comprendre comment toutes les démarches s’articulaient entre elles. J’ai aussi compris pourquoi les hors cadre familiaux avaient plus d’accompagnements : le milieu agricole est vraiment différent des autres secteurs dans lesquels j’avais travaillé du point de vue des démarches, des imbrications de réglementations à connaître, … D’un point de vue technique, je suis bien sûr encore novice mais j’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur un réseau de maraîchers professionnels : si j’ai une question technique, je sais que le jour même, je trouve une réponse,  un conseil !
Aujourd’hui, une exploitation horticole qui propose pas moins de 200 variétés de plants Aujourd’hui, je produis plus de 200 variétés de plants, aromates, légumes, fruits et fleurs confondus (même du houblon pour les professionnels !), la totalité de ma production étant convertie en agriculture biologique. Au niveau des moyens de production, j’ai racheté 1,2 ha dont 2000 m² de serres qui peuvent être partiellement chauffées pour certains usages. Mon objectif est de pouvoir approvisionner des particuliers, collectivités, distributeurs mais aussi des maraîchers.
Au niveau de l’eau, j’en ai un besoin indispensable mais sur de petites quantités. L'irrigation est réalisée à travers un système de micro aspersion, alimenté par une mare et la récupération des eaux pluviales. J’ai également racheté les machines, ce qui était incontournable pour moi : mon modèle économique nécessite de pouvoir proposer des volumes ce qui implique forcément de la mécanisation.
Au niveau de la commercialisation aux particuliers, j’ai développé les marchés de plein vent. J’en assure 3 par semaine hors saison et jusqu’à 5 par semaine en saison. J’ai également un point de vente sur l’exploitation avec une partie de mes serres qui fonctionne en magasin « libre service » ouvert uniquement le samedi en saison. Et, finalement, ce sont deux modes de livraison très complémentaires. Un drive a également été mis en place, à travers le site internet. Un mode de commercialisation supplémentaire qui n'a pas manqué d'intérêt durant le premier confinement !
Demain, des produits innovants adaptés à notre région Au niveau des produits que je propose, j’essaie déjà de proposer des variétés innovantes  mais adaptées à notre région comme des cacahuètes, du sorgho à éclater… Et j’ai envie d’accentuer encore plus ces propositions-là : j’ai déjà en tête du gingembre, des épices, les fleurs résistantes à la sècheresse … Il y a plein de choses à faire en agriculture pour dépoussiérer un peu l’image que l’on a de ces métiers ! Du point de vue charge de travail, j’aimerais concrétiser l’embauche d’un salarié. C’était prévu à mon installation mais, l’année 2020 ayant été particulière, j’ai décalé ce projet et j’espère bien le mettre en oeuvre en 2022. Cela me permettra d'assurer mais aussi d'augmenter la production tout en allégeant la charge de travail. D’un point de vue technique, j’ai des améliorations à apporter par rapport à mon système d’irrigation et j’aimerais développer encore plus la récupération des eaux de pluie de mes toitures.
La Dotation Jeune Agriculteur (DJA) une aide indispensable pour bien démarrer ! Les besoins en trésorerie ! Elle est difficile à mettre en place sur des cycles agricoles. De plus, la DJA représente un sacré coup de pouce. Je pense d’ailleurs que sans elle, je ne me serais pas installée, la banque n’aurait pas suivi mon projet !
Même une fois installé, nous avons très vite la tête dans le guidon. Il ne faut donc pas hésiter à chercher des avis, à échanger avec d'autres professionnels, à circuler sur les exploitations. Moi, cela m'a permis d'adapter certains postes de travail, d'entendre de bonnes idées ou tout simplement d'échanger sur les contraintes du quotidien.