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Méteils récoltés en grains pour la consommation du troupeau : quel mélange semer ?

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Cultivés depuis longtemps par les éleveurs en agriculture biologique, les méteils récoltés en grains sont une alternative à considérer pour tous les éleveurs qui gardent une partie de leur production d’orge ou de triticale pour leur troupeau.

Les mélanges de céréales et protéagineux récoltés en grains permettent de réduire l’achat de complémentaire azoté par la récolte d’un mélange plus riche en protéines qu’une céréale pure. Autre avantage, une conduite de culture plus économe en intrants et en temps de travail : pas ou peu de fertilisation azotée et de traitements phytosanitaires ou d’intervention de désherbage mécanique.

Toutes les céréales à paille peuvent être utilisées, associées le plus souvent avec du pois, de la féverole ou de la vesce commune. (...). Pour composer son mélange, il est préférable d’associer 1 ou 2 espèces de céréales avec 2 espèces de protéagineux. Semer 2 espèces de protéagineux plutôt qu’une seule augmente les chances d’en retrouver une bonne proportion à la récolte : en cas de conditions climatiques ou de maladies défavorables pour une espèce, une autre peut compenser. Ainsi, dans 7 essais réalisés par les Chambres d’Agriculture d’Occitanie pour comparer des mélanges plus ou moins complexes, les méteils avec au moins 2 protéagineux (dont la féverole le plus souvent) permettent d’obtenir une teneur en protéines toujours supérieure et un rendement au moins équivalent à ceux des méteils avec un seul protéagineux.

Quelles céréales?

Le triticale est l’espèce la plus utilisée, du fait de sa bonne productivité aussi bien en grain que pour une récolte plante entière, sa bonne tolérance aux conditions humides, sa capacité à couvrir le sol, sa résistance aux maladies du feuillage et à la verse (bon tuteur pour les pois fourragers et vesces).
L’avoineest intéressante pour sa capacité à couvrir le sol, mais sa quantité doit être limitée à 10-15 kg/ha pour éviter l’étouffement des autres espèces. Elle est aussi plus sensible aux maladies, moins productive et moins énergétique. Le blé est aussi productif que le triticale en milieu favorable (sol sain, riche en azote), mais plus sensible aux maladies et à la verse et moins couvrant donc moins concurrentiel pour les adventices.
L’orgeest intéressante en sol superficiel pour sa meilleure tolérance à la sécheresse, mais est souvent moins productive en grains, plus sensible aux maladies et à la verse et moins couvrante que le triticale.
Autres céréales possibles : le seigle, bien adapté aux sols superficiels acides et assez précoce à la récolte, et l’épeautre, rustique, avec un bon pouvoir couvrant et des grains riches en cellulose grâce aux enveloppes, ce qui permet de limiter les risque de troubles digestifs (acidose…). Ces deux espèces sont peu exigeantes en azote mais assez sensibles à la verse : préférer les variétés les plus résistantes et éviter de les associer à de la vesce. Pour le semis, la quantité de céréales généralement conseillée est de 110 à 135 kg en agriculture conventionnelle et 125 à 160 kg en bio. Cette quantité est à réduire (50 à 80 kg) pour l’orge ou le triticale associés à du pois protéagineux ou de la féverole si on vise un mélange riche en protéagineux à la récolte.

Quels protéagineux ?

Pour les protéagineux, il faut privilégier les pois fourragers et protéagineux et la féverole. Plus riche en protéines que les pois et à faible risque de verse, la féverole permet de récolter les mélanges les plus riches en protéines, mais nécessite des sols profonds. La vesce commune est intéressante pour sa teneur élevée en protéines, mais augmente le risque de verse : sa quantité doit être limitée (5 à 15 grains /m2, soit 5 à 10 kg /ha). Pour limiter le risque de verse, la dose de pois fourrager ou de pois fourrager + vesce doit être limitée à 20-25 grains /m2, soit 30-35 kg /ha (risque non négligeable à partir de 30 grains /m2). La vesce velue (ou vesce de Cerdagne) est à éviter en raison de la possible toxicité de ses grains, notamment pour les ovins. (...)

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