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Les semences, une histoire de famille

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Dans la tradition familiale, Damien Fave produit des semences à Sempesserre. Tout en menant une reconversion bio, notamment. Rencontre.

L’aventure agricole chez les Fave, sur la commune de Sempesserre, est une histoire déjà ancienne. Le grand-père de Damien travaillait la propriété familiale. Son père s’est installé en 1973 sur une autre exploitation « Et c’est à cette époque que papa s’est lancé dans les portes graines et les semences, » éclaire Damien. Lui, en petit-fils et fils d’agriculteur, il a attrapé le virus. Et sans surprise il passait un Bac STAE au lycée Beaulieu, puis enchaînait avec un BTS production et semences. Diplômes en poche, le Lomagnol va multiplier les expériences dans plusieurs sociétés de production, de betteraves  notamment, mais aussi à la FNAMS de Condom. Cinq années également pour Syngenta « en tant que technicien maïs semence comme saisonnier. » Et puis c’est l’installation de Damien, en 2011. « Au
départ à la retraite de mon père, j’ai repris la société avec ma mère tout en continuant à travailler, durant trois ans, pour Syngenta pour qui j’effectuais du suivi des parcelles maïs semence. » Une belle expérience pour Damien qui profite des opportunités de libération de fermage et de la reprise des terres de ses oncles pour augmenter la surface de sa exploitation, jusqu’à atteindre 170 hectares en 2015.
Le jeune semencier de Sempesserre n’en reste pas là. En 2018, il acquiert une nouvelle propriété, en Lot et-Garonne. Une exploitation de 70 hectares pour laquelle il s’engage seul. « C’est une belle  propriété que je connaissais depuis quelques années, constituée de 72 hectares d’un seul tenant avec au coeur un lac de 80 000 m3.

C’était vraiment une très belle opportunité avec la perspective d’une irrigation facilitée par le plan d’eau. » Et immédiatement un projet à l’esprit du Gersois : convertir cette propriété en bio. C’est donc a une double activité que s’adonne Damien. Celle de la production de semences dans la plus pure tradition familiale. « L’histoire a débuté en 1977 avec quatre ou cinq agriculteurs du coin. Les beaux-parents de l’un d’eux faisaient des semences, alors ils se sont décidés et ont créé dans cette région de Lomagne une zone semences, » raconte Damien. « C’est comme un grand jardin dans lequel il faut être souvent »
Ainsi, sur ses 170 hectares de Sempesserre, Damien Fave produit des semences de carottes, d’oignons, de betteraves, mais aussi de maïs, d’orge, de colza. « Nous sommes sous contrat, précise-t-il, avec des sociétés qui nous fixent des objectifs de rendement calculés sur une moyenne quinquennale. Nous avons donc un prix de base et des majorations qui tiennent compte de la qualité de nos productions. ». Rentables les semences ? « Oui, avec beaucoup de risques » répond Damien. On sait où l’on va, mais il faut dire aussi que c’est à quitte ou double. Une saison climatiquement difficile et le résultat peut être sérieusement compromis. Un lot pas suffisamment qualitatif peut ainsi être refusé. Disons quel a stabilité on l’obtient par la diversification de nos productions. L’une pouvant compenser une autre moins réussie. » Pour Damien, le fait d’avoir succédé à ses parents, d’avoir hérité d’un outil de travail de qualité, de posséder une belle expérience dans le secteur des semences « est un formidable atout. Il est évident que pour un jeune qui voudrait investir aussi dans la production de semences en partant de zéro ce serait plus difficile et couteux car il y a beaucoup de matériels spécifiques. Cette activité agricole demande aussi que l’on y consacre beaucoup de temps. C’est comme un grand jardin dans lequel il faut être souvent, » insiste Damien.
Quant à son projet de reconversion bio, il est pour lui « un moyen de se diversifier et de profiter de l’engouement actuel pour la culture biologique. » Sur sa propriété lot-et-garonnaise, pas de semences « pour l’instant ». Si la conversion en bio sera définitive en 2020, Damien a choisi de confier à une entreprise la culture de céréales sur ses terres. « Il n’est pas facile de se multiplier et les semences me prennent beaucoup de temps. J’ai trouvé une entreprise très sérieuse avec qui j’ai d’excellents échanges, avec laquelle je travaille en toute confiance. » Si le Gersois se consacre sur ses productions de Sempesserre, il gère tout de même l’irrigation sur sa propriété lot-et-garonnaise et assume les moissons. « La moisson me permet de mieux comprendre le terroir, d’adapter nos pratiques. » Mais aussi d’ouvrir d’autres portes, d’autres pratiques. Comme par exemple le semi-direct sous couvert vivant qu’il expérimente depuis 2012 sur une grande partie de ses terres gersoises, « pour faire travailler les plantes qui vont enrichir et restructurer nos sols. Un excellent moyen de réduire le temps de travail tout en augmentant la fertilité de nos terres. »
Damien multiplie les activités, saisit les opportunités, pour une agriculture toujours plus respectueuse de la nature et, finalement, une meilleure gestion de sa vie privée.