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Les actions de lutte contre l'érosion des sols : un enjeu majeur pour le département

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Promouvoir les pratiques de lutte contre l'érosion

"La Chambre d’agriculture Gers a pris à bras le corps la question de l’agriculture de conservation, ou plus généralement de l’agro-écologie. Ce domaine d’expertise trouve toute sa place dans la recherche de solutions pour lutter contre l’érosion des sols. Dans le prolongement des dynamiques engagées sur le territoire du PAT Gimone, avec de nombreux partenaires techniques, nous intervenons plus particulièrement sur la communauté de commune « Bastides de Lomagne ». Les conseillers de la chambre d’agriculture proposent des animations collectives et des diagnostics individuels qui aident à la construction de solutions personnalisées. Cette expérience qui semble prometteuse a vocation à s’étendre à d’autres territoires. Les journées techniques organisées par nos services, en mobilisant les experts et en présentant les matériels les plus adaptés, permettent aussi à chacun d’entre nous de prendre connaissance des dernières nouveautés technologiques et des résultats des expérimentations. Au-delà du respect des exigences règlementaires en matière de couverts d’intercultures, parfois dénuées de sens pour les agriculteurs en raison d’un cahier des charges très administratif, nous souhaitons promouvoir des pratiques qui s’inscrivent dans les projets  agronomiques adaptés à chaque contexte individuel. Dans ce contexte d’accélération en fréquence des évènements climatiques extrêmes, la couverture des sols est un bon levier pour tamponner ces effets au-delà du seul enjeu du stockage de carbone dans nos sols. Rappelons-le, l’agriculture est un des rares secteurs avec la forêt à compenser nos émissions de CO2 grâce à l’adoption de pratiques plus vertueuses."

Alain De Scorraille - Elu référent grandes cultures

 

Dans notre département et plus largement à l’échelle Occitanie, l’érosion se distribue en 2 types distincts :

- l’érosion hydrique, spectaculaire  et facile à visualiser c’est celle qui a le plus de conséquences sur la pollution des cours d’eau (matières en suspension, polluants). Suite à un défaut d’infiltration l’eau s’écoule sur la parcelle et arrache les particules du sol, formant ainsi de grandes rigoles d’érosion. Dans ce cas la terre est définitivement perdue pour l’agriculteur.

- l’érosion aratoire, moins  spectaculaire mais tout aussi importante car c’est principalement ce phénomène qui est responsable de l’apparition de zones blanches ou de la dimi nution du sommet des coteaux. Le phénomène provoquant ce type d’érosion est largement dû au travail du sol (en particulier le labour qui à l’action déplaçant le plus grand volume de terre) dans le sens montée/ descente de la pente. En fragilisant la structure naturelle de certaines zones de la parcelle, l’érosion aratoire peut également être précurseur des phénomènes d’érosion hydrique.

Nos actions de lutte contre l’érosion

Dans le cadre de la lutte contre l’érosion qui est un enjeu majeur pour notre département, diverses actions ont été menées (journées techniques, réunions d’informations, formations, diagnostics et conseils individuels) pour amener à d D’une part, prendre conscience de l’importance de la problématique érosion sur notre territoire (enjeux agronomiques, financiers et environnementaux) avant les solutions déjà mises en oeuvre par certains agriculteurs ou des solutions plus innovantes pour lutter contre ce phénomène d’érosion des sols. Afin de dresser un état des lieux de la sensibilité à l’érosion hydrique du département, une étude réalisée en 2003 dans le cadre du programme « Inventaire, Gestion et Conservation des Sols » Midi-Pyrénées a permis de cartographier cette sensibilité à l’érosion hydrique. L’étude croise quatre facteurs pondérés de manière égale : occurrence des « sols nus », l’indice de battance des sols, le pourcentage de pente et la taille du parcellaire. Il en résulte que 10 % de la surface départementale est considérée comme à « risque très élevé » et 30 % de la surface départementale est à risque. Il faut quand même noter que cette répartition n’est pas homogène et que par conséquent certains territoires sont davantage concernés (sables fauves de l’Armagnac, premières terrasses et rives gauches de rivières portant les sols de boulbènes, coteaux de l’Est du département). Toutefois, cette étude ne dresse qu’un portrait partiel du phénomène et certaines limites méritent d’être soulevées :

- Le travail réalisé à l’échelle départementale ne permet pas d’avoir une vision précise à l’échelle des bassins versants : seul un travail réalisé directement sur le terrain ou une cartographie plus précise permet de se rendre compte des dynamiques réelles à cette échelle

- Il ne s’agit ici que de mesurer un « aléa » c’est à-dire un risque potentiel. Il est évident que les mesures agronomiques et paysagères ont un réel impact sur l’occurrence des phénomènes érosifs à l’échelle des
parcelles (travail du sol et état de surface, taux de matière organique en surface, éléments paysagers, compaction des sols, mise en place de couverts …).

Ces éléments ne se mesurent que sur le terrain. Enfin, rappelons-le, à l’échelle nationale le département du Gers est un des départements ayant le plus fort aléa d’érosion des sols.