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"Le paradoxe de l'agriculture"

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Personne ne passe à côté du déferlement médiatique qui entoure le salon international de l’agriculture de Paris. La semaine la plus agricole de France donne l’occasion à tous de profiter de cette superbe vitrine et aux médias de présenter notre métier sous toutes ses coutures. Une mise en avant des savoir-faire et des hommes, à travers la diversité des produits et des terroirs, unique au monde. Moments de partages pour les uns, de découvertes pour les autres, aucun sujet n’est mis de côté dans les allées des halls de la Porte de Versailles. Ces regards émerveillés devant les animaux, les expositions de machines et produits, feraient presque oublier les doutes et les incompréhensions véhiculés par les médias et les réseaux sociaux le restant de l’année. En ce dimanche 3 mars, dernier jour de ce rendez-vous avec la France rurale et derniers instants de communion entre les agriculteurs et les citoyens, un céréalier de l’Ain s’applique à désherber une parcelle d’orge.


Comme beaucoup d’entre nous, le fait de travailler un dimanche lui pose moins de souci que l’envie de réussir cette application délicate. Le sol est portant, l’hygrométrie idéale et de surcroît le calme dominical l’accompagne. Tout porte à croire que cette intervention se fait dans des conditions idéales. Un homme, son voisin, entre sur la parcelle, le filme et se met devant son tracteur l’obligeant à s’arrêter. L’homme invective violemment l’agriculteur puis saute dans la cabine du tracteur et le passe à tabac… parce qu’il épandait du désherbant. Le paradoxe qui entoure l’agriculture est résumé dans cette seule journée !


85 % des français ont une très bonne opinion des agriculteurs et, dans le même temps, les violences verbales et physiques n’ont jamais été aussi importantes. La gravité des actes de violence qui gangrène malheureusement notre société doit nous alerter, nous indigner. Oui, soyons-en certains, notre métier fait rêver. Et n’oublions pas davantage que notre diversité fait notre force. Mais gardons aussi à l’esprit que communiquer, raconter, expliquer nos pratiques, demeurent une pédagogie indispensable.


C’est tout le sens que nous donnons à nos journées fermes ouvertes le 6 avril prochain.


Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers