Vous êtes ici : Accueil > Actualités > La méthanisation innove et s'adapte à la transition énergétique

La méthanisation innove et s'adapte à la transition énergétique

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Après avoir été cantonnée à la production d’électricité et de chaleur, la méthanisation valorise de mieux en mieux son énergie grâce à l’injection de méthane épuré dans le réseau de gaz naturel. Entre innovation et sécurisation des projets la Chambre d’agriculture confirme sa volonté d’oeuvrer dans le domaine des énergies renouvelables en s’emparant du sujet au service de projets structurants pour l’agriculture du département.

Cette petite révolution de l’injection permet de vendre sur le réseau la quasi-totalité de l’énergie produite par la méthanisation.

En effet la cogénération utilisée jusqu’ici avait l’inconvénient de ne transformer que 40% de l’énergie du biogaz en électricité alors que le reste était transformé en chaleur, souvent difficile à valoriser sur l’exploitation agricole faute de besoin régulier de chaleur. La technique d’injection au réseau de méthane est donc très prometteuse et représente désormais la majeure partie des nouvelles installations mises en service. Son inconvénient majeur pour notre département est aujourd’hui la faible densité du réseau de gaz. Toutefois des aides au raccordement disponibles aujourd’hui permettent d’envisager des rallonges modérées sur les réseaux existants pour collecter cet approvisionnement en gaz renouvelable.

Afin de faciliter l’accès de méthaniseurs agricoles au réseau, le Syndicat Des Energies du Gers (SDEG) en partenariat avec la Chambre d’agriculture et G.R.D.F. mène cette année une étude approfondie sur 6 secteurs du département pour trouver des modèles de méthanisations qui permettent la création d’unités agricoles raccordées au réseau de gaz. Cette étude doit tenir compte de gisements disponibles (fumiers, lisiers, issues de céréales, sous-produits agricoles) ou à mettre en production Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique (CIVE) dans des équilibres permettant de conserver la fertilité des sols et notamment le taux de manières organiques. Des enquêtes ont lieu actuellement auprès de quelques agriculteurs volontaires afin de proposer des modèles cohérent avec les exploitations agricoles Gersoises.

Compte-tenu des faibles ramifications de réseau il sera envisagé dans le cadre de ces travaux la possibilité de collecter par camion le méthane comprimé sur les unités de productions et de l’injecter sur un point de raccordement commun à plusieurs unités. Cette technique permettrait de réduire très sensiblement les transports puisque les tonnages importants de matières fermentescibles et de digestats resteraient dans un petit périmètre autour des exploitations concernées. Concernant l’utilisation du gaz, outre le développement potentiel des consommations locales, ce projet s’inscrit également dans la perspective de création d’une station-service de bioGNV (Bio Gaz Naturel Véhicule) projetée à Auch pour ravitailler demain les poids lourds. Ce carburant « made in Gers » aurait l’avantage de réduire les charges des transporteurs et de polluer beaucoup moins que le gazole.