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La belle et intelligente histoire de la Neste

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"C’est à l’ère tertiaire, il y a quelques millions d’années, que le plateau de Lannemezan s’est élevé pour couper l’approvisionnement des rivières gasconnes au profit de l’Adour à l’ouest et de la Garonne à l’est. Un triangle de 130 km à sa base sur 120 km de haut se retrouve alors sans bassin naturel d’alimentation, seules ruisselant des pluies déjà rares sur cette zone en période estivale.
De nombreuses chroniques, durant 2000 ans d’histoire, relèvent un manque d’eau structurel, les plus anciennes à l’époque gallo-romaine déjà. Le célèbre intendant d’Etigny, au 18ème siècle, posa le premier un projet de prélèvement dans la Neste pour réalimenter les rivières de Gascogne. Ce n’est qu’au 19ème siècle qu’un décret impérial lance les travaux pour une mise en eau du canal en 1862. Un ouvrage de 28,6 km et 90 km de canaux reliant 17 rivières pour alimenter les populations et les troupeaux, faire fonctionner moulins et scieries en chômage technique plusieurs mois par an, mais aussi pour irriguer les terres. Un miracle pour notre département. S’est ouvert alors à un nouveau développement économique. Fort de cette réussite, la voie d’eau est doublée dans les années 50/60 et renforcée de plusieurs lacs de stockages intermédiaires. Ces ouvrages assurent aujourd’hui l’alimentation en eau potable de plus de 200 000 habitants sur cinq départements, 55 000 hectares d’irrigation et, surtout, améliorent la salubrité des rivières réalimentées de début juin à fin février.

Ce que nous appelons communément le « système Neste » a connu bien des années de crises. 2019 est peut-être la saison la plus dure que nous ayons à connaître.  Plus qu’une quinzaine de jours de réserve en montagne et nos rivières seront livrées à leurs propres sorts. Ces pluies automnales qui, une fois de plus, tardent à arriver nous ramènent quelques décennies en arrière, à l’époque où la vie s’arrêtait lorsque les cours d’eau cessaient de couler. Saluons l’intelligence collective des créateurs du « système Neste ». Aujourd’hui ils auraient contre eux un écologisme intégriste pour les empêcher d’étancher notre soif."

Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers