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De l'intérêt d'une souveraineté alimentaire

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De Paris à Tarbes, nos salons agricoles ont résisté à la psychose du coronavirus. Une psychose qui ne peut faire oublier l’excellent millésime de Paris 2020 av c une moisson de médailles pour notre département. Pas moins de 150 distinctions au concours général agricole pour les producteurs gersois. Un résultat qui nous place à un niveau exceptionnel à l’échelle nationale. L’extraordinaire diversité de nos productions et savoir-faire est reconnue sur de nombreuses tables de jurys alimentaires, podiums d’animaux ou distinctions agro-écologiques. Notre météo capricieuse sur des sols moins répondants que dans d’autres régions, nous pousse sans doute chaque jour davantage plus vers toujours plus de qualité pour nos productions. L’héritage des savoir-faire gastronomiques et notre qualité de vie complètent ce cocktail gagnant et subliment l’image de notre territoire. Mais ce virage de la qualité, pris depuis plusieurs décennies, ne résisterait pas à une récession économique majeure que certains prédisent en raison du coronavirus. Quelques images de rayons alimentaires vides dans les grandes surfaces peuvent rapidement modifier le comportement alimentaire de nos concitoyens. Si l’idée inflationniste peut réjouir dans un premier temps tout producteur d’alimentation, qu’en serait-il, dans les mois à venir, des produits festifs dont nous avons fait notre spécialité et notre signature ? Dans une économie paralysée par des actifs bloqués à leur domicile pour garder leurs enfants ou placés en isolement sanitaire, comment fonctionnerait l’approvisionnement des produits de première nécessité et en particulier l’alimentation ? C’est ce que vivent certains pays actuellement avec de très grandes difficultés. Quelle que soit l’issue de cette crise sanitaire majeure, elle marquera durablement notre avenir. Il y aura, assurément, un avant et un après coronavirus ! De la mondialisation des échanges soumise aux barrières sanitaires, jusqu’à une organisation du travail complètement déstabilisée, c’est tout le fonctionnement de notre société qui est perturbé. Sans tomber dans le catastrophisme, chacun devra s’adapter dans les jours à venir à une nouvelle situation. Alors, les Français vont, je l’espère, redécouvrir l’intérêt de vivre dans un grand pays agricole et l’avantage qu’offre notre souveraineté alimentaire.

Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers