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Couvert de méteil pour sécuriser l'implantation des prairies à flore variée

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Semer les prairies de longue durée à flore variée avec un couvert de céréales et protéagineux d’hiver permet de sécuriser

l’implantation en cas de semis tardif, tout en assurant une production fourragère ou de grain selon les besoins.

La fin d’été ou début d’automne est souvent la meilleure période pour implanter les prairies, surtout quand le sol est souvent trop humide pour permettre un semis assez précoce  au printemps. Des épisodes de sécheresse prolongée en fin d’été plus fréquents, ou au contraire une trop forte pluviométrie comme cela pourrait être le cas cette année, ne permettent pas toujours de semer suffisamment tôt pour un bon développement de la prairie avant l’hiver : idéalement mi-septembre et maximum début
octobre. Le problème est accentué quand on veut implanter une prairie de longue durée, robuste face aux aléas climatiques, car il faut diversifier les espèces utilisées, avec notamment des espèces à implantation lente (fétuques, trèfle blanc, pâturin des prés, lotier…).

SECURISER LES SEMIS TARDIFS

Le semis de la prairie avec un couvert de céréale, associée ou non à des protéagineux (méteil), peut constituer une solution face à ces difficultés avec plusieurs avantages :

• décaler la date d’implantation autour du 15 octobre tout en assurant une protection à la  jeune prairie, notamment contre les adventices,

• augmenter la production fourragère ou produire du grain sur la première année,

• réduire les coûts d’implantation(1 seul travail du sol pour 2 cultures).

DES ESSAIS ENCOURAGEANTS

Cette technique a fait l’objet depuis une dizaine d’années de plusieurs essais en fermes expérimentales, confortés par des suivis en élevages, notamment dans les régions Pays de Loire et Centre. Les résultats sont très satisfaisants. Quand le méteil est récolté en fourrage, ensilé ou enrubannée, la production fourragère de l’année suivant le semis est nettement supérieure à celle permise par une prairie semée sur sol nu, avec beaucoup moins d’adventices. La prairie sous couvert est bien implantée, avec des rendements équivalents l’année suivante. Dans les essais réalisés la récolte du méteil était tardive, stade laiteux-pâteux du triticale), ce qui limite la production des repousses de la prairie, très variable selon la pluviométrie de l’été. Une récolte plus précoce du méteil permettrait des repousses plus abondantes grâce aux pluies de mai, avec un rendement plus faible pour le méteil mais une valeur alimentaire supérieure. Attention toutefois à ne pas dégrader la jeune prairie par une récolte en conditions trop humides. Un méteil récolté en grains permet aussi une bonne implantation de la prairie, mais avec évidemmment des repousses très limitées la première année. Le rendement en grains peut être légèrement pénalisé par la prairie (de 0 à -30 %).

NOS CONSEILS PRATIQUES

• Semer vers le 15-20 octobre (mini 10 octobre, maxi fin octobre)
• Semer en 2 passages : céréales ou méteil à 2-3 cm de profondeur puis prairie à 1 cm maxi
• Assurer une bonne répartition des graines de prairie (socs du semoir relevés, voire descentes tirées)
• Recouvrir les graines prairiales et rappuyer le sol après semis.
 

• Exemples de mélanges :
- pour un méteil récolté en fourrage : 120 à 150 kg de triticale + 35-40 kg de pois fourrager +8-10 kg de vesce commune.
On peut remplacer une partie du triticale par un peu d’avoine (20 kg maxi pour limiter la concurrence)

- pour un méteil récolté en grains : 120-150 kg de triticale + 30 à 40 kg de pois fourrager selon le PMG (20 grains /m2).


• Points de vigilance :
- éviter les espèces prairiales d’implantation rapide (raygrass hybride, trèfle violet) si le couvert est récolté en grain,

- ce semis tardif d’automne n’est pas adapté pour la luzerne,

- en semis d’automne, les céréales peu couvrantes (blé, orge) sont peu adaptées pour une récolte en grain : trop concurrencées par la prairie.