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"Ces accords qui sacrifient notre agriculture"

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Depuis plusieurs mois, l’agriculture française est invitée de manière très insistante à monter en gamme : moins de chimie, plus de qualité, plus de bien être, plus de traçabilité…
Les agriculteurs et la profession entendent le message et s’engagent fortement dans de nombreuses démarches, lassés parfois que cela ne suffisent jamais.
La double peine est tombée ce début juillet : l’accord commercial conclu entre l’Union Européenne et les pays latino-américains du Mercosur. Là-bas, le doute profite au producteur, quand il profite au consommateur sur notre vieux continent. Là bas, la principale économie, le Brésil de Bolsonaro, vient d’autoriser 250 pesticides, quand la France fait du glyphosate un de ses fers de lance de l’agri-bashing. Deux mondes que tout oppose et qui viennent pourtant de signer un accord commercial sur les denrées alimentaires.

En début d’année pourtant, notre Président affirmait le souhait que ces accords soient cohérents avec les engagements pris en France sur le plan social, environnemental et productif.
Le French paradox dans toute sa grandeur : entraver sa propre production pour laisser la porte ouverte aux denrées produites grâce au 74% de substances interdites sur notre territoire. Si nous prenons plaisir à recevoir nos amis brésiliens et canadiens, je ne souhaite pas la bienvenue aux 99.000 tonnes de viande bovine, aux 180.000 tonnes de sucre, ni aux 100.000 tonnes de volaille prévus dans les contingents supplémentaires. Il en va de même avec le CETA, accord commercial de libre échange signé par l’Union Européenne avec le Canada, dont on peut craindre qu’il joue la plate-forme d’éclatement des produits américains compte tenu de leur proximité et de leurs liens historiques .Lorsque Boeing et Airbus se lancent dans une concurrence féroce, ce n’est certainement pas au détriment des normes de sécurité : les règles du jeu sont les mêmes de part et d’autre, contrairement à l’agriculture ou, mieux disant en qualité, nous devons céder aux moins disant. Alors chaque consommateur doit nous soutenir dans ce combat qui consiste à ne pas importer l’alimentation que nous ne voulons pas retrouver dans nos assiettes.

Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers