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"Brexit or not Brexit"

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Après 44 années d'une relation ambiguë, notre vieille maîtresse britannique quitterait-elle le vieux continent ? Là est la question ! Son attirance historique pour le grand large et les souvenirs d’un Commonwealth fleurissant l’ont propulsé vers une expression qui se voulait claire et sans appel : sortir de l’Union européenne. Mais au pied de la falaise, voilà que la peur du vide s’empare du Royaume. Ce peuple, dont la détermination a fait ses preuves lors des conflits, dans le sport ou encore dans l’économie, sombre aujourd’hui dans le doute d’une solitude difficile à assumer.
La chambre des communes offre une cacophonie désolante : sa volonté de « partir » ne se concrétise pas par le vote, et sortir de l’Union dans quelques moins imposerait d’organiser, à la hâte, les élections européennes... Après avoir longtemps reproché à l’Europe son indécision et son manque de réactivité, voilà que les Britanniques sombrent eux-mêmes dans la spirale de l’incertitude. L’English paradox n’est pas loin ! Les raisons de ses doutes, de ses craintes sont fondées : renégocier à son avantage les 750 accords commerciaux dont il bénéficiait grâce à l’Union paraît bien improbable pour le Royaume Uni et ses 66 millions d’habitants face aux 511 millions de ressortissants de l’Union européenne.
La puissance commerciale se joue plus ces dernières années entre « États continents » qu’en relations bilatérales entre états nations, à moins de représenter un enjeu stratégique majeur, ce qui n’est pas le cas de l’Outre-Manche. Imagine-t-on que la couronne d’Angleterre puisse demain balayer les normes européennes : denrées produites avec des pesticides interdits en Europe, contenants hormones de croissances et autres adjuvants ? Ce serait un contre sens majeur au regard des attentes sociales, environnementales et sanitaires très fortes au Royaume Uni. Le simple souvenir d’une assiette anglaise suffit à se convaincre que nos voisins et alliés ne bouderont pas longtemps notre gastronomie et en particulier nos vins, foie gras et autres plaisirs gourmands du Sud-Ouest. La convivialité gasconne et l’humour british n’ont pas dit leurs derniers mots et continueront d’écrire de belles histoires sur nos routes gersoises.
Si nous pouvons nous féliciter de l’unité, de la solidarité affichée par les États Membres dans cette négociation, dans l’immédiat, et par respect pour le peuple britannique, il est urgent de prendre acte de cette sortie avant que cet enlisement ne fragilise les institutions européennes. « Out fast and bye ».


Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers