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"Bon millésime et nécessaire vigilance"

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Marchés à la ferme, tablées gourmandes et festivals ont agrémenté avec succès notre été gersois. Une saison clôturée par Gascogn’Agri remarquablement organisé par les jeunes agriculteurs. L’occasion pour beaucoup de mettre en valeur nos savoir-faire, d’élevage, de culture, de service, et d’innovation. Mention particulière pour Hack-TaFerme qui a permis à des groupes start-up de venir présenter des projets d’outils et applications numériques en lien avec les métiers de l’agriculture. Cette fin d’été laisse entrevoir également un premier bilan très positif de cette année agricole. Une récolte de céréale à paille exceptionnelle, une pluviométrie généreuse ce mois d’août qui embellit nos cultures d’été et fait verdir nos prairies, et de belles grappes sur des vignes resplendissantes, pourraient faire de ce millésime 2019 une très bonne année agricole. Pour autant, ces résultats prometteurs ne doivent pas masquer nos préoccupations. Le retour décevant des États généraux de l’Alimentation sur les prix de nos produits et la baisse des cours mondiaux céréaliers n’aideront pas les trésoreries à se refaire.
Ces préoccupations se nourrissent par ailleurs des déclarations politiques, jusqu’au plus haut niveau, sur le bien-être animal et les produits phytosanitaires. Notre ministre de l’agriculture obligé de s’excuser d’avoir assisté à une corrida sans assumer le plaisir du spectacle et l’art séculaire qu’elle représente dans notre culture du Sud-Ouest. Notre Président de la République qui apporte son soutien à un maire qui prend un arrêté illégal à propos de distance de traitement autour des zones habitées. Ces faits marquants laissent présager des discussions à venir. Une chimie diabolisée quand elle est de synthèse et idolâtrée quand elle est naturelle ; une chimie détestée quand elle est dans nos champs et admirée quand elle est dans nos maisons ; sans parler de la multiplication des attaques en tout genre devant les tribunaux lorsque l’idéal de la campagne n’est plus au rendez-vous pour cause d’activité agricole. Ou encore l’agriculture forcée de reculer et de céder du territoire, face à ce nouveau colonialisme urbain, comme les indiens face aux conquistadors. L’heure est plus que jamais à la vigilance.
Et ces postures, inquiétantes pour nos activités, doivent nous renforcer dans l’idée de construire un dialogue positif avec nos concitoyens avec pour ambition une souveraineté alimentaire renforcée.

Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers