Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Au nom de la terre

Au nom de la terre

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Les lumières se rallument dans la salle comble du cinéma tarbais. Sous un silence assourdissant. En sortant de la salle, les regards se croisent, presque gênés d’avoir été témoins d’une histoire aussi vraie que bouleversante. On ne sort pas indemne de ce drame d’une extrême dureté, ou la violence psychologique est traitée avec justesse et beaucoup de maîtrise. D’un projet de vie exaltant, le film « Au nom de la terre », nous plonge dans l’intimité d’une famille heureuse dont le sort est intimement lié à son exploitation agricole. Un regard lucide sur les difficultés du métier, sur les relations entre générations et les difficultés de transmissions d’exploitations. Le poids de l’héritage de la terre et de son histoire est là : « si tu réussis c’est grâce à ceux qui étaient là avant, mais si tu n’y arrives pas c’est à cause de toi ».
Une mondialisation à marche forcée, qui déconnecte les prix de vente des charges d’exploitation. Des risques climatiques sanitaires ou accidentels insuffisamment préparés et trop peu accompagnés par les politiques publiques.
Alors, lorsque les investissements sont trop importants au regard de la rentabilité trop faible, un surcroît de travail mène au surmenage, plus communément appelé burn-out. Chacun a son avis sur les raisons des échecs, sans minimiser pour autant les nombreuses réussites dans notre métier. Ce film pose un regard juste sur le poids des décisions personnelles dans l’exploitation et l’importance de l’écoute, du conseil et la bienveillance. Il souligne l’importance de la cellule familiale et en particulier du rôle majeur des femmes dans l’agriculture. Plus d’un millions trois cent mille spectateurs en quelques semaines prouvent le succès de cette réalisation. Moins de cent mille spectateurs à Paris… peut-être le signe que deux monde s’ignorent. Cette production remarquable restera un fait majeur pour notre métier, un film à voir dans une salle obscure en attendant sa programmation sur le petit écran.
Une occasion, sans doute, d’ouvrir un débat constructif avec nos concitoyens sur ce qu’ils attendent dans leurs assiettes. Sur la campagne qu’ils souhaitent.

Bernard MALABIRADE
Président de la Chambre d’Agriculture du Gers