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A Mons, un vignoble tourné ver l'avenir

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Sur ses 36 ha, le vignoble du domaine de Mons se consacre depuis plusieurs années à l’expérimentation des nouvelles

techniques culturales et à la sélection des cépages de demain.

Plusieurs programmes sur la réduction des produits phytosanitaires

• Etude de cépages résistants à l’oïdium et au mildiou : L’INRA et l’IFV conduisent des recherches visant à créer de nouvelles variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium en croisant des vignes non européennes présentant les gènes de résistance, et les vignes européennes aux aptitudes oenologiques bien connues. Parmi tous les descendants créés par ces croisements, des individus sont sélectionnés à l’aide de marqueurs génétiques (on analyse leur ADN en repérant s’ils présentent ou non les gènes de résistance). Sur le panel d’individus présentant ces résistances, on étudie le comportement agronomique et oenologique sur plusieurs années afin de vérifier qu’ils sont bien adaptés au vignoble. Trois générations de création variétale impliquent l’IFV Sud Ouest au Domaine de Mons :
- les cépages Voltis et Floréal, validés et inscrits au catalogue en 2018, qui peuvent désormais être utilisés pour produire du vin de France et de l’IGP Comté Tolosan. Au Domaine, ils sont conduits en cordon libre en taille mécanisée, et leur comportement agronomique et oenologique sont étudiés. Ils servent également à produire des greffons pour les pépiniéristes.
- Une parcelle est implantée avec des génotypes blancs dont la résistance a été validée, et qui sont en phase d’étude : la vérification de leur potentiel pour notre vignoble, via un suivi agronomique et oenologique.
- Enfin, piloté par l’UARVG et sept partenaires dont les syndicats des Côtes de Gascogne, de Saint Mont et Madiran, de l’Armagnac et du Floc, un programme ambitieux de création de variétés  résistantes locales est engagé depuis 2018. L’IFV réalise des croisements à partir de trois cépages locaux : le Colombard, le gros Manseng, et le Tannat. Une dizaine de variétés « candidates » devrait être sélectionnée pour une implantation et une étude au vignoble, au Domaine de Mons, dans les prochaines années.

• Dans le cadre du plan Ecophyto, le Domaine de Mons est inscrit dans le programme Dephy Expé : une parcelle de Colombard est conduite avec des règles de décision précises pour déclencher les traitements phytosanitaires. Tous les ans, ces règles sont appliquées et on analyse les résultats quantitatifs et qualitatifs de récolte au regard du nombre de traitements et des doses employées. A ce mode de conduite économe en pesticides devrait s’ajouter pour 2020 l’utilisation d’un robot de désherbage Naïo en test. Outre ces deux thèmes fondamentaux pour l’agriculture d’aujourd’hui, d’autres problématiques qui touchent particulièrement le vignoble gersois sont à l’étude : mécanisation, fertilisation, et gestion des maladies du bois.
Plusieurs parcelles, sur des cépages locaux variés, sont conduites en taille totalement ou partiellement mécanique afin d’étudier l’impact sur la vigne de cette technique qui se démocratise dans la région en réponse au manque de main d’oeuvre. Concernant la fertilisation, deux essais sont en place sur les parcelles du Domaine : d’une part sur les fertilisants foliaires, mis en oeuvre sur Colombard ; et d’autre part, dans un esprit de gestion des effluents, l’IFV teste l’utilisation de boues de stations de traitement des eaux de chais.
Enfin, deux parcelles font l’objet d’un suivi longue durée des maladies du bois avec l’utilisation d’un champignon, Trichoderma, appliqué en prophylaxie sur les plaies de taille.

Adaptation au changement climatique

- Evaluation du comportement agronomique et oenologique de cépages étrangers blancs qui présentent un potentiel intéressant pour la Gascogne dans le cadre du changement climatique.
- Ferti-irrigation sur Colombard afin de favoriser l’absorption des nutriments à leur apport.

Zoom sur  :Mathilde Guinoiseau, ingénieur-agro, est la nouvelle responsable du vignoble de Mons. Du haut de ses 30 ans, la Gersoise avoue son enthousiasme pour cette mission.

On ne croisera plus la silhouette de Jean Mora dans les vignes et sur le domaine de Mons. Après une quarantaine d’années à bichonner le vignoble et faire vieillir les eaux-de-vie, Jean a pris le chemin mérité d’une nouvelle vie de retraité. Et depuis quelques jours, c’est Mathilde Guinoiseau qui a pris le relais à la tête de cette belle responsabilité à Mons. Comme un clin d’oeil, la jeune femme est  arrivée pour attaquer les vendanges…
Mathilde n’est pas une inconnue dans la région. Elle est née, voilà une trentaine d’années, à Valence-sur-Baïse. Après le lycée de l’Oratoire à Auch, elle a poursuivi dans le milieu agro à Bordeaux « où j’ai plus spécialement étudié la vigne, le vin, l’oenologie » précise-t-elle. Son diplôme d’ingénieur agro en poche, elle devait, en tant qu’élève fonctionnaire, huit années au ministère de l’Agriculture. C’est ainsi que ses premiers pas l’ont conduite en Alsace où, durant trois ans, elle a enseigné la viticulture et l’oenologie. « Je venais également en appui aux exploitations », ajoute Mathilde. Jusqu’à ce que l’appel du Sud de la France soit le plus fort. Un poste d’enseignante à Toulouse en agronomie et élevage lui tend les bras. Elle n’hésite pas un instant. Une année plus tard, elle se rapproche davantage encore dans sa terre natale en acceptant la gestion du domaine viticole du lycée agricole de Riscle. « Un excellent souvenir, commente Mathilde, avec les élèves évidemment mais aussi avec le monde viticole gersois et particulièrement avec les équipe de Saint-Mont avec qui nous échangions régulièrement. »
Une expérience qui, assurément, est au crédit de cette brillante ingénieur désormais aux commandes du vignoble de Mons où sa mission décline deux pans importants. Le premier consiste en la  conduite elle-même du vignoble. « Je peux m’appuyer sur deux salariés expérimentés et compétents (Jérôme Henri et Jean-Michel Daubas, Ndlr) qui connaissent très bien leur boulot et le vignoble. D’ores et déjà, poursuit la jeune femme, nous devons réfléchir à la plantation de 4,5 hectares supplémentaires (Mons en compte pour l’instant 31). La question est quel cépage, pour quel projet ? Quelle part doit-on réserver à la recherche et à l’expérimentation ? » « Il faut communiquer beaucoup plus sur l’activité agricole, sur ses pratiques »
Car le vignoble de Mons possède un contrat de partenariat avec l’IFV (Institut Français du Vin) et consacre ainsi six parcelles de vignes à l’expérimentation et à la conservation de cépages. Les vins Côtes de Gascogne, l’armagnac, le Floc de Gascogne, la Chambre d’agriculture, sont parties prenantes dans ce partenariat avec l’IFV.
Outre la recherche, la nouvelle responsable du vignoble devra aussi travailler à l’essor économique des produits du domaine, les vins, flocs et armagnacs. L’autre pan de la mission de Mathilde est le développement de l’activité oenotouristique du domaine de Mons. « Un développement auquel je vais travailler avec l’équipe en charge de l’hébergement, annonce-telle. Nous possédons un lieu extraordinaire avec des installations pour l’organisation de séminaires et un hébergement de qualité, à nous de le faire vivre. » Ses idées sont nombreuses de l’escape game aux rencontres gourmandes mets/vins, en passant par la découverte des métiers de la vigne et de l’agriculture plus largement. Mathilde est persuadée par ailleurs « qu’il faut communiquer beaucoup plus sur l’activité agricole, sur ses pratiques, il faut faire venir le grand public pour lui montrer que nous ne sommes pas des pollueurs comme on le laisse trop souvent entendre. »
Une double mission particulièrement riche et exaltante pour la Gersoise qui ne cache pas le plaisir qui est le sien de se voir confier par la Chambre d’agriculture un tel challenge à la tête d’un des beaux vignobles de Ténarèze.